Bonjour, Voici un article très frais sur Caroline Gaujour, femme d’expatrié qui trouve le dessin juste pour illustrer sa vie loin de France: http://www.lepetitjournal.com/expat/portraits-expat/235650-caroline-gaujour-la-vie-d-expatrie-expliquee-en-dessins-et-avec-humour

CAROLINE GAUJOUR – La vie d’expatrié expliquée en dessins… et avec humour !
Tracas quotidiens, amour du voyage, perpétuelle adaptation à un nouvel environnement… L’illustratrice Caroline Gaujour propose dans son blog “dessinsdexpat.com” de nous faire partager la vie des expatriés comme on ne l’a jamais lue !

jouets-de-noel-1“Iki tane çay bardak, lütfen.” La voix mal assurée, Caroline Gaujour commande deux thés en terrasse, avant de replonger les yeux dans le Bosphore. “Quand on est expat, explique-t-elle, on se sent parfois plus touriste que résident.”
Caroline Gaujour a 33 ans, dont dix passés hors de France, au gré des mutations professionnelles de son mari. Installée depuis un an et demi à Istanbul, c’est pourtant la première fois qu’elle connaît les conditions de vie des expatriés. Avant d’arriver à Istanbul, Caroline et son mari ont goûté à la vie mexicaine pendant trois ans, et américaine pendant six ans. “Je travaillais dans les mêmes conditions que les locaux. J’ai donné des cours de langue dans une école privée, j’ai été responsable des approvisionnements et achats pour l’entreprise de mon mari, j’ai même été professeur de danse classique.”
A Istanbul néanmoins, le couple a obtenu un contrat d’expatriés, avec les bénéfices qui en découlent. “Femme expat”, c’est presque un titre, raconte la jeune femme. Il apporte plein d’avantages, j’ai conscience que mes enfants grandissent dans un cadre privilégié, mais il a aussi son lot d’inconvénients. C’est dur, du jour au lendemain, de devenir mère au foyer si ce n’est pas ce à quoi on aspire.” S’occuper de la maison, des enfants, maintenir une vie sociale avec d’autres femmes d’expat, “parfois j’avais l’impression de vivre dans les années 50 !”

Son talent contre la solitude
En janvier 2015, Caroline renoue avec son loisir de toujours : le dessin. Elle crée des vignettes inspirées de son quotidien, avec l’idée d’en faire un album dessiné. En juin de la même année, elle crée un blog “pour tâter le terrain, voir comment les gens réagissent à [s]es dessins”. Huit mois et quelques 12.000 visites plus tard, le site se porte comme un charme. “J’ai commencé par des dessins accompagnés de texte pour me présenter et leur donner du contexte, explique-t-elle. Rapidement, je me suis rendue compte via les commentaires que les textes étaient autant appréciés que les illustrations, alors je les ai développés.”

La force de son blog réside dans l’universalité de ses propos. Les sujets sont variés, ils naviguent entre légèreté et réflexion analytique de la condition d’expatrié, allant de la difficulté de porter des talons dans les rues escarpées de Beşiktaş à son nouveau statut de “femme de”. “J’écris sur mon expérience ici, à Istanbul, mais je fais en sorte que mes billets s’adressent à tous les expatriés francophones. Certaines de mes lectrices vivent aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, et même en France ! Elles lisent mon blog en souvenir de leur expatriation.”

L’avenir au bout de ses pinceaux
Le site lui a donné une visibilité conséquente et lui a permis de s’attirer des contrats d’illustration. En décembre, Caroline a créé sa propre société en tant qu’autoentrepreneur, et a travaillé avec huit clients. Mais ses projets ne s’arrêtent pas là ! “J’ai pris l’habitude de ne plus faire de plan, parce que tout est tout le temps bouleversé. Pour autant, ce site et mon projet de bande-dessinée peuvent être aussi nomades que moi” se réjouit-elle.
Actuellement, elle cherche à financer la création de sa bande-dessinée par le crowdfunding. “J’ai envoyé mon projet à Sandawe, un éditeur belge, qui sélectionne et présente des projets de jeunes dessinateurs sur une plateforme de crowdfunding. Le mien est catégorisé comme « projet libre » c’est-à-dire que l’éditeur ne donne qu’un soutien aux artistes. Pour que le projet soit viable, il faut réunir entre 5.000 euros et 10.000 euros, je vais donc m’appuyer principalement sur le lectorat du blog…ou mes grands-parents” plaisante-t-elle.
Le lancement du projet est prévu pour fin janvier, avec trois mois de délai pour récolter les fonds. “Si tout se passe bien, ma BD sortira en octobre !” s’enthousiasme-t-elle.
Avec cette multitude de projets sur le feu, Caroline Gaujour ne regrette rien de sa vie d’expat : “Si j’étais restée en France, jamais je n’aurais eu le temps ni même l’idée d’exploiter ma fibre artistique. L’expatriation a presque été un prétexte pour moi de prendre une autre voie. Les premiers mois ont été difficiles, mais c’était un mal pour un bien !”

Aline Joubert (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 14 janvier 2016

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